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#WhatsStartUpLife : Parfums de la Bastide

Fidèle aux parfums de Provence

· start-up,Entrepreneuriat,provence

#WhatsStartUpLife, la chronique d’How I met your Start Up, se penche sur des créateurs d’entreprise. Comment ceux-ci ont décidé de sauter le pas, et de débuter cette grande aventure qu’est l’entrepreneuriat.

En ce samedi 19 Novembre, How I met your Start Up a rencontré William Bouheret, le co-fondateur des Parfums de La Bastide, une parfumerie alternative, prônant le savoir-faire et l’héritage historique de la Provence pour le parfum.

Le déclic de la création d’entreprise

« Ardent, Espiègle, Ingénue » qui aurait dit que ces parfums viendraient de l’imagination d’un ancien trader ? C’est après un parcours international chez Procter & Gamble en Asie, et après avoir revendu Annick Goutale à un groupe sud-coréen, que le déclic se fit chez William Bouheret. « La maison Taittinger avait cette pépite de parfumerie [Annick Goutal] que le patron d’une grande entreprise coréenne, souhaitait désespérément acquérir. J’ai fait mon boulot en la revendant, mais en la massifiant, ils l’ont détruite ». Ce père de famille, n’a pas eu peur de se lancer dans le défi de la création d’entreprise, il y a de cela, 5 ans, en créant sa propre marque de parfumerie : Les Parfums de la Bastide, en s’orientant sur un constat : refaire du parfum, un produit lié à l’émotion, au rêve.

« J’ai découvert que j’avais une âme d’entrepreneur, et j’ai fait la connerie de ma vie.

-Pourquoi ? -Parce que tu vas signer pour en chier. C’est un peu comme aller à la légion, sauf que tu payes, extrêmement cher, car il faut des capitaux. Créer une marque prend au moins 5 ans, puisqu’on n’a pas d’avancées technologiques. » En effet, selon M. Bouheret, il y a deux types de créateurs d’entreprise : ceux qui créent de nouvelles technologies dont on ne peut se passer (Google, Apple, Uber etc…) et ceux qui créent des marques.

La création de marque aujourd’hui serait donc essentiellement du fait de créateurs d’entreprise, les grands groupes n’ayant plus la légitimité pour les créer en raison d’un fonctionnement long et d’une structure trop lourde pour pouvoir les développer rapidement et obtenir un cœur de clientèle.

Le laboratoire créatif : leur boutique à Aix-en-Provence.

Ce cœur de clientèle, Parfums de la Bastide le développe à l’aide d’un laboratoire précis : leur boutique à Aix-En-Provence.

« Nous utilisons également notre boutique comme un laboratoire pour clients, notre marque ne se pense pas dans un bureau mais dans une boutique avec une interaction client. (…). Le co-fondateur évoque également qu’en créant une marque, on cherche toujours à être au service de ce même client.

Dans leur boutique, Parfums de la Bastide a résolument choisi d’utiliser des flacons au design unique, quelques soient les parfums, les savons ou même les bougies. Les raisons ? « Aujourd’hui dans la parfumerie de luxe que l’on retrouve chez Sephora, des marques comme Dior ou Chanel mettent 80% du coût de fabrication dans le packaging et les 20% restant dans le jus. En baissant la proportion du budget allouée au paquet, nous, Parfums de la Bastide, avons ouvert les portes de la création ! »

Stratégiquement, l’entreprise mise sa communication sur deux points essentiels : la communication boutique, en direct avec le client et les réseaux sociaux/bloggeurs. Quand nous évoquons la presse, Monsieur Bouheret parle de son expérience avec ce milieu. « En travaillant avec une agence, l’image qui est apparue au travers de la presse n’était pas celle que nous souhaitions. Nous sommes apparus comme une marque de niche, une marque pour hipster ». L’image initiale souhaitée était une « parfumerie alternative », redonnant ses lettres de noblesses à la région de Provence et à son savoir-faire historique en parfumerie.

Le bouche à oreille positif se fait grâce à l’expérience client. Selon Monsieur Bouheret, si le produit ne représente pas une innovation, il faut « une expérience cliente innovante ». Par exemple : pour marquer le client, Parfums de la Bastide utilise des pochons en lins où ils appliquent un tampon avec leur logo pour lier l’échantillon au pochon. « Certes l’échantillon coûte plus cher, mais l’expérience du client est dès lors plus impactant ».

Une gestion originale, libre et responsable.

« Dans mon entreprise, j’ai fait le choix de ne pas faire de budgets. » La déclaration étonne, mais fait sens. En effet, Parfums de la Bastide se fixe des objectifs de vente plutôt que financier. Cette liberté leur permet de choisir des dispositions et des pratiques de RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale) précises : comme le fait d’éviter d’utiliser de l’encre sur leur packaging, de rester sur un packaging unique et donc produisant peu de déchets, d’embaucher essentiellement des seniors et d’assurer des livraisons à vélo. « Notre ambition n’est pas d’être éco-responsable, mais nous pensons fortement qu’il faut l’être, non pas pour l’image de marque, mais pour la société ».

« En étant entrepreneur, tu peux prendre plus facilement de libertés. » - William Bouheret

Entrepreneur, un chemin où l’expérience est importante.

Entrepreneur, semble donc, aux yeux du co-fondateur, être une position où l’on peut se sentir libre et autonome. Mais toutefois, trois difficultés « se dresseront devant les entrepreneurs » :

  • Le manque d’expérience : « il faut avoir été confronté à des expériences peu confortables, pour pouvoir apprendre de ces situations »
  • Le manque d’ambition pure : « si l’ambition est uniquement mercantile, tu ne peux être entrepreneur. Il faut que l’ambition soit moteur pour tenir face aux situations difficiles. »
  • Le manque de capitaux : « il faut les capitaux à la hauteur de ton envie d’entreprendre ». Le manque de fonds personnels pouvant grandement freiner une start-up à se lancer ou à faire face à des situations difficiles.

L’impression que donne William Bouheret à travers cet échange est que le métier d’entrepreneur présente des difficultés mais n’en reste pas moins une expérience extrêmement enrichissante. Il aime ce qu’il fait aujourd’hui, ayant cette raison motivante de se lever chaque matin : Parfums de la Bastide. Le métier semble complexe, mais la perspective créative reste un leitmotiv car, « L’entrepreneuriat c’est comme être artiste ».

Par Nicolas DAVID

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